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Le leadership inspiré de la philosophie japonaise : Et si mieux diriger commençait par ralentir, observer et prendre soin du collectif?

22 sept.
5 min de lecture

Il y a des voyages qui nous dépaysent. Et puis il y a ceux qui déplacent quelque chose en nous.


Lors de mon voyage au Japon, j’ai été frappée par une multitude de petits détails : l’attention portée à l’autre, le respect des lieux, la discrétion, la précision des gestes, le soin accordé aux choses les plus simples.


Rien de spectaculaire, justement.


Et c’est peut-être ce qui m’a le plus interpellée.


Car après plus de 25 années en gestion, et aujourd’hui comme coach professionnelle et formatrice auprès de gestionnaires et d’équipes, je me suis posé cette question :


Et si nous avions beaucoup à apprendre de certaines philosophies japonaises pour repenser notre façon de leader?


Pas pour transposer une culture dans une autre ni pour idéaliser un modèle.


Mais pour nous laisser inspirer par quelques principes qui résonnent étonnamment avec les défis que vivent nos organisations : accélération, surcharge, recherche de performance, changements constants, besoin de reconnaissance et difficulté, parfois, à simplement prendre le temps d’écouter.



Vue rapprochée d’un écran d’ordinateur affichant un journal de coaching numérique

Kaizen : les petits pas ont parfois plus de pouvoir que les grandes révolutions


Le kaizen est probablement l’un des concepts japonais les plus connus dans le monde du travail. On le traduit généralement par amélioration continue.


J’aime particulièrement cette idée parce qu’elle nous éloigne d’une croyance très présente dans nos organisations : pour progresser, il faudrait nécessairement transformer beaucoup, vite et fort.


Or, dans mes accompagnements, j’observe souvent le contraire.


Une équipe ne transforme pas nécessairement sa dynamique grâce à une grande déclaration d’intention. Elle peut commencer à la transformer lorsqu’un gestionnaire prend cinq minutes de plus pour écouter.


Un climat de confiance ne se décrète pas. Il se construit dans une succession de petits comportements cohérents.


Un leader ne devient pas plus humain parce qu’il a suivi une formation de trois heures. 😉 Il le devient dans ce qu’il choisit de mettre en pratique, jour après jour.


Le kaizen nous rappelle ainsi une chose essentielle :


Nous n’avons pas besoin d’être parfaits pour progresser. Nous avons besoin d’être en mouvement.


Pour un leader, la question pourrait donc être toute simple :


Quel petit changement puis-je faire aujourd’hui qui améliorera réellement l’expérience de mon équipe?


Ikigai : redonner du sens à ce que nous faisons


L’ikigai est souvent présenté chez nous à travers quatre cercles parfaitement dessinés.

La réalité culturelle japonaise est plus nuancée, mais l'idée centrale demeure très intéressante : ce qui donne une raison de vivre, de se lever le matin, ce qui apporte du sens et de la valeur à notre quotidien.


Et le sens est devenu, à mon avis, l’un des grands enjeux du leadership contemporain.


Dans mes formations et mes coachings, je rencontre des gestionnaires compétents, engagés et profondément soucieux de bien faire. Pourtant, certains finissent par fonctionner presque exclusivement dans l’urgence.


Répondre. Régler. Organiser. Produire. Livrer. Recommencer.


À force de gérer le « quoi » et le « comment », on peut finir par perdre de vue le pourquoi.


Or, une personne ne s’engage pas seulement parce qu’elle connaît sa liste de tâches.


Elle a aussi besoin de comprendre à quoi elle contribue.


Le rôle du leader n’est donc pas uniquement de répartir le travail. Il est aussi de relier le travail au sens.


Pourquoi faisons-nous cela?

Pour qui?

Quelle différence notre travail fait-il?

Quelle contribution chacun apporte-t-il au collectif?


Parfois, quelques minutes consacrées à ces questions valent bien davantage qu’un long discours sur la mobilisation.


Wabi-sabi : accepter que l’imperfection fasse partie du chemin


Voilà une philosophie que j’aime particulièrement.


Le wabi-sabi nous invite notamment à reconnaître la beauté de l’imperfection, de l’impermanence et de ce qui évolue avec le temps.


Dans le monde professionnel, nous gagnerions peut-être à nous en inspirer davantage.

Parce que nous demandons parfois beaucoup aux leaders.


Être mobilisateurs, stratégiques, disponibles, performants, empathiques, courageux, organisés, visionnaires… tout en répondant idéalement à leurs courriels avant même de les avoir reçus! 😉


Cette recherche de perfection peut devenir épuisante.


Et elle peut également créer de la distance.


Un leader crédible n’est pas nécessairement celui qui possède toutes les réponses.


C’est aussi celui qui peut dire :

« Je ne sais pas. »

« Je me suis trompé. »

« J’ai besoin de votre point de vue. »

« Nous allons apprendre ensemble. »


Reconnaître ses limites ne diminue pas nécessairement l’autorité. Lorsque cela s'accompagne de responsabilité et de cohérence, cela peut au contraire renforcer la confiance.


L’imperfection assumée peut devenir un espace dans lequel les autres s’autorisent, eux aussi, à apprendre.


Kintsugi : nos fissures ne nous condamnent pas


Le kintsugi est cet art japonais qui consiste à réparer certaines céramiques brisées en mettant leurs lignes de fracture en évidence plutôt qu’en cherchant à les dissimuler.

L’image est magnifique lorsqu’on la transpose au leadership.


Nous traversons tous des périodes plus difficiles : un conflit, une décision qui n’a pas donné les résultats espérés, une réorganisation, un échec, une équipe fragilisée, une remise en question.


Notre premier réflexe peut être de vouloir effacer ces épisodes.


Et si nous apprenions plutôt à les intégrer?


Un leader se construit aussi à travers ce qu’il traverse.

L’erreur peut devenir expérience.

Le conflit peut devenir conversation.

La vulnérabilité peut devenir connexion.

La difficulté peut devenir apprentissage.


La question n’est alors plus seulement :

« Comment revenir comme avant? »


Mais plutôt :

« Qu’allons-nous construire à partir de ce que nous venons de vivre? »


Cette nuance me paraît fondamentale.


Ma : laisser de l’espace pour que quelque chose puisse émerger


Il existe enfin un concept japonais qui me parle énormément : le ma.

Il évoque l’intervalle, l’espace, la pause entre deux éléments.


Dans nos environnements professionnels, cet espace est devenu précieux.


Nos agendas sont pleins.

Nos journées s’enchaînent.

Nos notifications nous suivent partout.

Et même lorsque nous écoutons quelqu’un, une partie de notre cerveau prépare parfois déjà la réponse.


Pourtant, le silence fait aussi partie de la communication.


Un leader n’a pas toujours besoin de remplir l’espace.


Il peut poser une question… et attendre.


Écouter… sans immédiatement proposer une solution.


Créer une pause avant de réagir.


Prendre le temps d’observer avant de décider.


Dans cet espace peuvent émerger une idée, une émotion, une prise de conscience ou une solution que nous n’aurions jamais entendue si nous avions parlé trop vite.


Et pour une coach, vous vous doutez bien que cette idée me plaît particulièrement. 😊


Vue en plongée d’un bureau avec un ordinateur portable ouvert sur un journal de coaching numérique

Finalement, et si le leadership était moins une posture qu’une présence?


Ce que je retiens de ces philosophies japonaises tient finalement en peu de mots.


Progresser sans chercher la perfection.Donner du sens.

Accepter l’imperfection.

Apprendre de nos fissures.

Et laisser suffisamment d’espace pour écouter.


Cela rejoint profondément ma conception du leadership.


Je ne crois pas qu’un grand leader soit celui qui occupe toute la place.


Je crois davantage à celui qui sait créer les conditions pour que les autres puissent prendre la leur.


Celui qui donne une direction sans prétendre tout savoir.

Celui qui exige sans oublier l’humain.

Celui qui sait décider, mais aussi écouter.

Celui qui cherche la performance, tout en comprenant qu’une performance durable ne peut pas se construire continuellement au détriment des personnes.


Après toutes ces années en gestion, puis en accompagnement des gestionnaires et des équipes, une conviction demeure au cœur de ma pratique :


Le leadership ne se mesure pas uniquement à ce que nous réussissons à faire accomplir aux autres. Il se révèle aussi dans la manière dont les personnes grandissent à nos côtés.


Et peut-être est-ce là l’une des plus belles leçons que la philosophie japonaise peut nous offrir : faire mieux, sans nécessairement faire plus.


Valérie Bouillaut, Adm.A. Coach professionnelle certifiée | Formatrice agréée | Mentore

Valérie.B – Coaching & Formations

J’accompagne les gestionnaires et les équipes à développer un leadership plus humain, conscient et mobilisateur, où la performance et la qualité des relations ne s’opposent pas : elles se renforcent.

 
 
 

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